
Selon ELLE.be, la Copenhagen Fashion Week a déjà posé les premiers jalons du printemps-été 2027. La semaine danoise, souvent considérée comme un baromètre précoce des tendances, ne propose pas seulement des silhouettes à photographier: elle permet aussi de repérer les couleurs et les volumes susceptibles d’arriver dans les collections de rentrée. Mais entre une tendance de podium et une pièce réellement portable, le tri reste nécessaire.
Le bleu détrône les neutres
Après plusieurs saisons dominées par le bordeaux, le brun chocolat et le jaune beurre, le bleu reprend de la place. La tendance ne repose pas sur une nuance unique: bleu ciel, cobalt, tons glacés et turquoise coexistent. À Copenhague, les silhouettes les plus convaincantes mélangent même plusieurs bleus au lieu de miser sur un total look uniforme.
Caro Editions l’a travaillé en rayures graphiques. Stine Goya l’a décliné dans une version bleu ciel. Le tailoring adopte des reflets glacés, tandis que le denim sert de base neutre à des associations ton sur ton.
Pour une garde-robe existante, le risque est limité. Une chemise bleu ciel, une veste cobalt ou un jean associé à une maille dans une autre nuance suffisent à tester la tendance. Le point à vérifier n’est pas la nouveauté de la pièce, mais sa compatibilité avec les couleurs déjà présentes dans le dressing. Le bleu fonctionne ici comme une famille chromatique, pas comme un uniforme.
Noir et blanc, mais avec du relief
Le noir et blanc reste une valeur sûre, mais la version sage et minimaliste perd du terrain. Les contrastes sont plus francs, les volumes plus amples et les matières ajourées ou transparentes introduisent une dimension tactile.
Chez MKDT Studio, une couche noire transparente portée sur un T-shirt blanc modifie immédiatement la silhouette. By Malene Birger travaille les matières ajourées. INSTITUTION pousse le contraste avec des volumes asymétriques et une grande quantité de tissu blanc.
Le signal est clair: la palette peut rester basique, la construction ne l’est plus. Pour éviter l’achat d’une pièce spectaculaire mais difficile à porter, on peut commencer par un élément de texture — une maille ajourée, une surchemise transparente ou une jupe structurée — plutôt que par une silhouette entièrement asymétrique. Le vêtement doit apporter du relief sans dépendre d’un styling de défilé.
Chartreuse et peplum: deux tendances à doser
À mi-chemin entre le jaune et le vert, le chartreuse apparaît dans des versions allant du citron acide à des tons plus sourds proches de l’olive. Gestuz l’utilise sur des robes et des tops près du corps. Stine Goya l’applique à un long manteau aux manches structurées. La couleur est annoncée comme particulièrement compatible avec le denim, le brun, le noir et le violet.
La méthode la plus rationnelle reste celle de l’accent. Une veste, une jupe ou un top chartreuse permettent de mesurer la tolérance visuelle de la tendance sans immobiliser tout le vestiaire. Le total look n’est pas nécessaire pour obtenir l’effet chromatique.
Autre retour repéré: le peplum. La version présentée pour 2027 s’éloigne des robes rigides en polyester associées au début des années 2010. Les volumes sont plus souples, parfois placés plus bas sur les hanches, avec des volants, des plis ou des panneaux de tissu. Chez OperaSport, un top bustier s’évase au-dessus d’un jean ample.
Le critère décisif sera le mouvement. Un peplum trop raide recrée immédiatement l’ancien uniforme de soirée. Un basque souple, porté avec une pièce plus ample, paraît moins costumé et s’intègre plus facilement à une silhouette quotidienne.
Côté beauté, Marie Claire observe le même déplacement: le style scandi ne se limite pas à un teint discret. Les défilés cités font apparaître du fuchsia sur les lèvres, du vert vif ou du bleu Klein sur les paupières, des lèvres nude dessinées au crayon brun, ainsi que le retour des skinny brows. La beauté danoise oscille donc entre minimalisme du teint et couleur très ciblée.
Verdict: à garder pour l’instant, mais en unités séparées. Le bleu et le noir et blanc texturé présentent le meilleur potentiel de portabilité. Le chartreuse et le peplum sont à tester avant achat, sur une seule pièce. Les podiums donnent une direction; ils ne prouvent pas encore qu’il faut refaire toute la garde-robe.